Fulcanelli
et l'icosaèdre d'Edimbourg

Le dernier chapitre du second livre de Fulcanelli, les Demeures Philosophales (1930), a pour titre "Le Cadran Solaire  du palais Holyrood d'Edimbourg". Le chapitre "Paradoxe du progrès illimité des sciences", qui clôt les éditions actuelles, ne sera ajouté qu'en 1960 : il devait initialement faire partie du Finis Gloriae Mundi jamais paru.


Le Sundial, dessin de Julien Champagne pour la première édition des Demeures Philosophales (1930)

 

Etrange monument en vérité que ce sundial (cadran solaire), dont Fulcanelli nous parle en ces termes : "l'icosaèdre gnomonique d'Edimbourg est bien, en dehors de sa destination effective, une traduction cachée de l'oeuvre gnostique, ou Grand-Oeivre des philosophes".  Rappelons que l'icosaèdre est un polyèdre régulier comportant 20 faces triangulaires, l'un des cinq solides de Platon (lire à ce propos notre article sur web-astrologie).

Pour illustrer le chapitre des Demeures consacré au Sundial, Julien Champagne a travaillé à partir de deux cartes postales qui furent transmises, à la mort de l'illustrateur, à Jules Boucher, puis Robert Ambelain, Philippe Encausee et Alejandro Cabalo (voir la bibliothèque en page d'accueil de notre site). 

Archer, sur son blog consacré à Julien Champagne, avait déjà fait connaître cette source : Champagne au cadran solaire.

Le dos de ces deux cartes est vierge et donc sans date, mais nous possédons un exemplaire de la carte colorisée dont le timbre-poste porte la mention "25 septembre 1907". Cette date est compatible avec la période du dessin de Champagne, et les ombres, l'arbre au second plan, le point de vue, tout concorde.

Nous reviendrons sur ce monument qui, commenté en fin de volume, constitue déjà une introduction au Finis Gloriae Mundi. Contentons-nous pour l'instant de souligner le caractère chimique de cette figure. L'icosaèdre est une forme approchée par certains cristaux, et en tout premier lieu par la pyrite, comme le montre le visuel suivant :


Photo d'une Pyrite : (c) AGAB.be

Deux ans avant la parution du Mystère des Cathédrales, l'abbé Moreux, directeur de l'observatoire de Bourges, commet deux petits livres aux thèmes fulcanelliens : L'Alchimie Moderne en 1924 et, la même année, L'Atlantide.

On trouve dans L'Alchimie Moderne une planche illustrant les cristaux, dont ceux-ci :


L'Alchimie Moderne, l'abbé Moruex, 1924

L'examen des deux planches ne laisse aucun doute sur l'origine du dessin (même tracé, même perspective) :


Extrait du Cours de Minéralogie, Albert de Lapparent, Savy 1884, figure 282 (disponible en ligne sur le site Gallica de la BNF). 

La planche est extraite du Cours de Minéralogie d'Albert de Lapparent, géologue membre de l'Académie des Sciences. L'éminent polytechnicien associé cette figure, ainsi que l'icosaèdre, à la Pyrite (sulfure de fer), dont le rôle en alchimie n'est plus à démontrer.
 

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