Alchimie et Fusion Froide

En guise de conclusion provisoire



Basile Valentin : frontispice du "Char Triomphal de l'Antimoine". Le dieu Mercure (caducée et casque ailé) se trouve sur le char en compagnie de l'antimoine (symbole : globe crucifère pour les alchimistes).

Au terme de ce premier survol de l'alchimie sous l'angle de la fusion froide, que conclure ?

L'alchimie ne saurait être résumée à l'art de faire de l'or : philosophie, démarche spirituelle, l'hermétisme est avant tout outil de perfection de l'homme. Pour autant, la tradition insiste sur la réalité des transmutations métalliques : oui, les alchimistes savaient changer le plomb ou le mercure en or. L'artiste suivant la nature, son oeuvre ne saurait en trahir les lois. Aussi, la physique nucléaire ne s'oppose pas à l'alchimie, en dépit d'un langage fort différent. Plus simplement, les transmutations doivent relever du possible sur le plan physique. Les pages de ce dossier le montrent, qui soulignent les nombreuses convergences entre physique contemporaine et tradition hermétique.

Que nous révèlent les plus récentes expériences de fusion froide ? Dans certaines conditions, mais à de relativement faibles températures, le nickel et l'hydrogène fusionnent pour engendrer du cuivre, libérant une importante énergie.

Pour simplifier :

FUSION FROIDE

H1 +Ni28 à Cu29

Il y a transmutation des métaux. Le nickel se transforme en cuivre. Les brevets en cours de dépôt (2013) reposent sur ce principe. On note que le numéro atomique du nickel, 28, est un nombre magique nucléaire, et que ce métal possède 5 isotopes stables, 58, 60, 61, 62 et 64. La parenté avec le cuivre est évidente, ce métal possédant deux isotopes stables, 63 et 65.

Toutefois, il ne semble pas que le nickel ait été utilisé par les alchimistes, qui travaillent avec les sept métaux planétaires de la tradition et l'antimoine (voir ci-contre). Les auteurs de science-fiction qui évoquent le dioxyde d'uranium, voire un hypothétique élément 126 stable par l'opération du Saint-Esprit, ceux-là semblent bien loin des textes hermétiques !


Quelle équation alors pour l'alchimiste ? Le processus est le même :

ALCHIMIE

H1 +Sn50 à Sb51

Là encore, il y a transmutation des métaux. On part de l'étain (dont le numéro atomique 50 est le nombre magique nucléaire suivent 28) pour obtenir l'antimoine. L'étain compte 10 isotopes. Là encore, la parenté avec le métal suivant est évidente : l'étain 120, 122 et 124 sont stables, tandis que l'antimoine a deux isotopes stables, 121 et 123. On croirait deux legos faits pour s'emboîter ! Nous avons là une réaction typique de fusion froide. Un élément clé : comme le nickel utilisé en fusion froide, l'étain possède de grandes capacités d'absorption de l'hydrogène (1). La parenté est bien réelle entre les deux métaux.

D'où vient l'hydrogène ? L'alchimiste fait chauffer le mercure dans un pot d'étain (voir l'interview d'Alejandro Cabalo en préambule à cette étude). L'hydrogène est tiré du noyau atomique du Mercure, lequel devient de l'or :

Hg80 à Au79 +H1

Quand l'étain se transforme en antimoine, le mercure devient or.

La transmutation du plomb en or repose sur le même principe, l'agent de transmutation étant alors le lithium (numéro atomique 3) en lieu et place de l'hydrogène (voir notre dossier).

Pour comprendre le mécanisme en jeu dans une transmutation alchimique, il faudra dans un premier temps étudier le processus de fusion froide de l'étain et l'hydrogène (résultat : l'antimoine). Puis créer les conditions de l'extraction d'hydrogène d'un atome de mercure. Incidemment, le déchet nucléaire sera de l'or naturel, non radioactif.

Le rêve des anciens sauvera peut-être alors une planète à cours d'énergie.

Christophe de Cène

(1) Lire à ce propos la description d'un procédé industriel, Amidures de lithium et d'Etain pour le stockage réversible d'Hydrogène, http://ip.com/patfam/fr/42235422.
 

Alchimie et Fusion Froide : première partie

Annexe 1 : transmutations historiques

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