Alchimie, Fusion et Fission Froide

Le rôle du Lithium dans le processus de transmutation alchimique

Selon l’alchimiste Alejandro Cabalo, qui suit en cela de nombreux traités anciens, le processus de transmutation du plomb en or (et de l’étain en argent) s’accompagne d’une transmutation du fer en cuivre, avec les équivalences suivantes :

Pb82 +Fe26 à Au79+Cu29

Sn50 +Fe26 à Ag47+Cu29

Nous allons vérifier ces équivalences en tenant compte des isotopes en jeu, et du nombre de neutrons. Car, comme dans le cas d’une désintégration alpha des noyaux lourds (émission de noyaux d’hélium, deux protons et deux neutrons), il ne suffit pas de faire le compte des nucléons pour rendre la réaction plausible : encore faut-il que l’échange soit celui d’un noyau existant, même instable (stable le temps de la réaction). Dans le cas présent, trois protons permutent, et c’est donc le Lithium qu’il nous faut étudier.

Transmutation du fer en cuivre

Le tableau suivant comporte les éléments stables du Fer et du Cuivre, avec leur fréquence dans la nature (total 100%), ainsi que le nombre de nucléons (3 protons et x neutrons) échangés.

 

Cu 63
69.09%

Cu 65
30.91%

Fe 54 5.82%

9

11

Fe 56 91.66%

7

9

Fe 57 2.19%

6

8

Fe 58 0.33%

5

7

On remarque que, dans tous les cas, un noyau de Lithium existe. En effet, le Lithium se compose des éléments 4,5,6,7,8,9 et 11 (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Isotopes_du_lithium). Les Li7 (92.5% dans la nature) et Li6 (7.5%) sont stables. Seuls les éléments 4 et 5 ont une durée de vie extrêmement courte. On remarque que la plage couverte par la transmutation du fer en cuivre correspond sensiblement aux isotopes du Lithium.

Conclusion : la transmutation intégrale du fer en cuivre est théoriquement possible par échange de noyaux de Lithium.

Transmutation du plomb en or

L’or n’a qu’un isotope stable, Au 197. Le tableau se résume ainsi :

 

Au 197
100%

Pb 204 1.48%

7

Pb 206 23.6%

9

Pb 207 22.6%

10

Pb 208 52.3%

11

Le cas du plomb 207 est très intéressant : la transmutation ne semble pas pouvoir s’opérer, car aucun atome de cuivre ne comporte 10 nucléons de plus qu’un atome de fer stable. Curieusement, le Lithium 10 n’existe pas non plus.

Conclusion : en théorie, 77.4% du plomb peut se transformer en or par expulsion d’un noyau de Lithium.

Transmutation de l’étain en argent

L’argent a deux isotopes stables (Ag 107 et 109), et l’étain dix, ce qui génère le tableau suivant : on note le nombre de nucléons échangés, en noir quand une transmutation simultanée du fer en cuivre (stables) est possible, en rouge dans le cas contraire.

 

Ag 107
51.82 %

Ag 109
48.18 %

Sn 112 0.96 %

5

3

Sn 114 0.66 %

7

5

Sn 115 0.35 %

8

6

Sn 116 14.3 %

9

7

Sn 117 7.61 %

10

8

Sn 118 24.03 %

11

9

Sn 119 8.58 %

12

10

Sn 120 32.85 %

13

11

Sn 122 4.72 %

15

13

Sn 124 5.94 %

17

15

A nouveau, on trouve dans la liste des transmutations possibles  la plage correspondant aux noyaux de Lithium (Li 5, 6, 7, 8, 9 et 11) existants. L’étain 119, 122 et 124 ne peuvent se transformer en argent par émission d’un noyau de lithium.

Conclusion : 80,76% de l’étain se transforme théoriquement en argent par expulsion d’un noyau de lithium.

Il est très remarquable de constater que les valeurs isotopiques compatibles avec les dires alchimiques d’Alejandro Cabalo (échanges de nucléons entre quatre métaux) coïncident parfaitement avec la liste des noyaux de lithium possibles. On est en droit de se demander alors si un phénomène de fusion froide du fer et du lithium (générant du cuivre) n’est pas accompagné d’une réaction symétrique générant l’or et l’argent.

Le rôle du lithium dans les phénomènes de fission ou de fusion est rappelé dans cet article publié par Wikipedia (Lithium) : "Les noyaux des deux isotopes stables du lithium comptent parmi les noyaux atomiques ayant l'énergie de liaison par nucléon la plus faible de tous les isotopes stables, ce qui signifie que ces noyaux sont en fait assez peu stables comparés à ceux des autres éléments légers. C'est pourquoi ils peuvent être utilisés dans des réactions de fission nucléaire comme de fusion nucléaire. C'est également la raison pour laquelle le lithium est moins abondant dans le Système solaire que 25 des 32 éléments chimiques les plus légers. Le lithium joue par conséquent un rôle important en physique nucléaire. La transmutation d'atomes de lithium en tritium a été la première réaction de fusion nucléaire artificielle, et le deutérure de lithium est le combustible de la bombe H."

La fission froide du Mercure

Passons maintenant à l’étude de la troisième formule suggérée par Alejandro Cabalo : « lorsque le Mercure se transforme en or, c’est toujours dans un pot d’étain ». L’alchimiste évoque le rôle central de l’antimoine dans l’œuvre, citant l'adepte Basile Valentin (XVe siècle). On aurait ainsi une fusion froide de l’hydrogène et de l’étain, générant de l’antimoine. Parallèlement, on observe ce qu’il faut bien appeler une fission froide du Mercure, générant de l’hydrogène et de l’or. Le tableau suivant résume la réaction. Là encore, on note l’étrange coïncidence des plages isotopiques, qui rend plausible la transmutation. L’étain et l’antimoine sont proches : ainsi, l’étain Sn 120, 122 et 124 sont stables, mais pas les isotopes 121 et 123 qui laissent la place aux deux formes stables de l’antimoine, Sb 121 et Sb 123.

On sait aujourd’hui que l’hydrogène peut prendre sept formes, dont deux sont stables :

Sn50+Hg80 à Au79+Sb51

Mercure Hg

Etain Sn qui, combiné avec Hg, donnera Or Au 197 + Antimoine Sb 121

Etain Sn qui, combiné avec Hg, donnera Or Au 197 + Antimoine Sb 123

Atome d’hydrogène résultant de la transmutation du Mercure en Or

196 0.15%

122

124

-

198 9.97%

120

122

H1 Hydrogène (stable)

199 16.87%

119

-

H2 Deutérium (stable)

200 23.1%

118

120

H3 Tritium (demi-vie : 12 ans)

201 13.18%

117

119

H4 Quadrium (instable)

202 29.86%

116

118

H5 Instable. Synthétisé en laboratoire

204 6.87%

114

116

H7 Instable. Synthétisé en 2003

Conclusion : en théorie, 100% du Mercure peut se transformer en Or, quand l’étain génère de l’antimoine par fusion froide avec l’hydrogène. Le phénomène symétrique prend naturellement le nom de fission froide (1).

Les expériences actuelles reposent sur la fusion du nickel et de l'hydrogène, générant probablement du cuivre (brevet italien de Rossi). Nous flirtons là avec l'alchimie.

C.d.C.

(1) La fission froide a déjà fait l’objet d’expérimentations positives :

KUCHEROV Y.R.

Ce physicien russe (ENECO) a pu produire un excédent de chaleur de 500 % avec sa méthode de déchargement de gaz. Il a présenté à Nagoya une expérience au cours de laquelle un gaz deutérium est transformé en plasma par une étincelle à basse énergie, le plasma étant ensuite attiré par une cathode en palladium. D'après lui, ce n’est pas la Fusion Froide qui en est responsable, mais un procédé de fission froide dans le palladium. Une des cathodes analysées aux laboratoires Rockwell montrait des traces de rhodium, de strontium ainsi que de l'hélium 3 et un peu de tritium. Mais avant tout, il y avait de l'hélium 4, jusqu'à plus de 100 fois la valeur normale. En plus de ses observations sur les rayons gamma, Kutcherov fit part de celles sur les particules chargées d'une énergie allant jusqu'à 18 MeV alors que le spectre d'énergie avait son maximum entre 2 et 4 MeV. Son expérience indique un signal de neutrons élevé, de l'ordre de 1 millions par seconde. Elle est reproduite au MIT.
Source : http://quanthomme.free.fr/energielibre/fusion/ChercheursFfroide.htm

 

Alchimie et Fusion Froide : première partie

Un peu d'ésotérisme : Basile Valentin, imprimé au XVIIe

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