Alchimie et Fusion Froide

Deuxième partie : rencontre avec un scientifique,
Jean-Paul Bibérian

Dr Jean-Paul Bibérian

La
Fusion dans Tous ses Etats

Guy Trédaniel éditeur
octobre 2012

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Un concept va probablement modifier en profondeur le monde scientifique et technologique : la fusion froide. Peut-on provoquer des réactions nucléaires dans une simple éprouvette, ce que la science aujourd’hui n’explique pas ? Saurons-nous très prochainement produire de l’énergie à faible coût ? Déjà, les brevets sont en cours de validation…

Pour la première fois en langue française, un livre fait le point: La Fusion dans Tous ses Etats explique pas à pas, de manière très didactique, l’histoire et les enjeux de ces nouveaux savoirs. Maître de conférences à la faculté des sciences de Luminy à Marseille, le Dr Jean-Paul Bibérian nous fait vivre une aventure dont il a été le témoin et l’un des acteurs : en 1989, l’annonce, par deux physiciens reconnus, d’une incroyable expérience de laboratoire fait l’effet d’une bombe dans le milieu de la physique. Il serait possible d’obtenir de l’énergie en réalisant, avec des moyens simples et à relativement faible température, des fusions de noyaux atomiques ; fusion que nous ne savons pas encore maîtriser dans nos centrales nucléaires et que seule la bombe H exploite aujourd’hui !

L’histoire ne fait que commencer. L’expérience est confirmée, puis infirmée et la communauté scientifique semble enterrer le projet en 1990, au grand soulagement sans doute des états pour qui la maîtrise de l’énergie est une clé économique essentielle. Mais des chercheurs travaillent dans l’ombre.

Les enjeux sont de taille, et en 2013, les premiers brevets sont validés : peu à peu, la technique s’est affinée et semble faire ses preuves, même si les zones d’ombre restent nombreuses sur le plan théorique.

Jean-Paul Bibérian nous raconte cette merveilleuse épopée, qui pourrait demain transformer radicalement notre monde. L’auteur n’oublie pas d’exposer les tentatives actuelles plus classiques, comme le réacteur à fusion EPR, et aborde des sujets que la science n’intègre pas dans son cadre – ou pas encore : les transmutations biologiques et l’alchimie.

Un livre à la portée d’un large public, indispensable à qui veut comprendre les enjeux de cette fabuleuse aventure scientifique. Aujourd’hui, la fusion froide devient réalité. Passionnant.

CdC

L’auteur de ce livre répond à nos questions portant sur l’alchimie et la fusion froide :

Bonjour Jean-Paul Bibérian, vous êtes l’un des grands spécialistes de la fusion froide et rédacteur en chef de la seule revue scientifique entièrement consacrée à ce sujet (1). Vous n’hésitez pas, cependant, à aborder le thème de l’alchimie, un savoir qu’on croyait illusoire. Accordez-vous un certain crédit à cette vieille science, et pensez-vous qu’elle puisse avoir un rapport avec la fusion froide ?

JPB - Je me suis toujours demandé pourquoi des personnes auraient travaillé si longtemps simplement pour une élévation spirituelle. Quand j’ai appris la découverte de la fusion froide qui démontrait que l’on pouvait faire des réactions nucléaires, et donc des transmutations par voie chimique, je me suis immédiatement dit que ce serait aussi peut-être possible par la voie alchimique. Après tout l’alchimie est une variante de la chimie, et donc dans la même catégorie que la fusion froide.

Rossi, dont les brevets sont en cours de validation, utilise la fusion du nickel et de l’hydrogène. Sauf erreur de notre part, nous devrions obtenir du cuivre, élément suivant le nickel dans la classification. Confirmez-vous cela, une transmutation du nickel en cuivre en quelque sorte ?

JPB - Je ne peux pas répondre avec certitude à cette question, car je n’ai pas fait moi-même de telles expériences, et je n’ai pas les données de spectroscopie de masse des échantillons de Rossi.

Dans votre livre, vous évoquez des expériences, négatives, menées suite à des échanges avec l’alchimiste Albert Cau. Pourriez-vous nous en dire un peu plus ?

JPB - J’avais contacté Albert Cau, et nous avions projeté des expériences de fabrication d’or à partir, en particulier, de cuivre, mais nos résultats ont été négatifs.

Avez-vous pris des contacts avec d’autres alchimistes, utilisant des méthodes différentes ?

JPB - Non, pas directement avec des alchimistes, mais j’ai essayé moi-même certaines procédures proposées par l’italien Roberto Monti qui disait supprimer la radioactivité. J’ai essayé une de ses suggestions de mettre du mercure dans du vinaigre, et de secouer longuement pour obtenir de l’or. Mais je n’ai rien obtenu.

Vous avez étudie des médailles en argent supposées alchimiques, issues du musée de Nuremberg : l’analyse isotopique montre qu’elles sont probablement constituées d’argent naturel et non alchimique. Ceci étant, les symboles et carrés magiques gravés, issus d’un traité de Magie du XVIe siècle de Cornelius Agrippa, ainsi que la date des médailles, vers 1700, ne plaident guère non plus en faveur d’une origine alchimique : on dit les véritables adeptes très avares de démonstrations. Pensez-vous cependant qu’il serait utile d’analyser d’autres médailles ?

JPB - Oui, je suis à la recherche d’objets de quelque sorte que ce soit en argent alchimique pour les analyser.

Albert Cau suggère la création d’éléments super-lourds dans le processus alchimique. Ce n’est peut-être pas la seule voie pour imaginer un scénario plausible. Un groupe d’alchimistes espagnols, situé à Barcelone, évoque la transmutation du plomb en or quand le fer devient cuivre. De nombreux schémas alchimiques traditionnels vont dans ce sens. Ce groupe parle de transmutations du plomb en mercure s’accompagnant d’émission béta. Le mercure 204 et le plomb 204 sont proches parents et l’alchimiste passerait de l’un à l’autre… Alors pourquoi pas une transmutation du plomb 204 en or, qui génère alors nécessairement du lithium 7, isotope le plus fréquent. Lequel, avec le fer 56 génère le cuivre 63, là encore les isotopes les plus courants. Tout ceci vous semble de la mauvaise science-fiction, ou bien des processus de ce type sont-ils envisageables dans un contexte de fusion froide ?

JPB - Je ne sais pas. Je suis un expérimentateur. Si une expérience dans ce sens a été faite, je souhaiterais analyser les divers composants.

Merci d’avoir pris la peine d’aborder ce sujet hors-normes qu’est l’alchimie. Pour en revenir à la fusion froide, où en sont aujourd’hui les applications industrielles ?

JPB - La science est ouverte avec de nombreux échanges. Dès que l’on rentre dans le domaine de l’industrie, on se retrouve avec des investisseurs qui souhaitent garder le secret. Je ne sais donc rien de plus que ce qu’il y a sur internet. Mon opinion est qu’il y a plusieurs pistes qui pourraient aboutir prochainement.

Propos recueillis par Christophe de Cène le 19 mars 2013

 

Cette médaille en argent (musée de Nuremberg, 6010), présumée alchimique, fait partie du lot sélectionné par le Dr Bibérian et deux collègues du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) de Cadarache. Les analyses chimiques montrent une composition d’argent (à 89%), mais aussi de cuivre (il serait intéressant de savoir comment se répartissent le Cu63 et le Cu65 dans ces médailles) et de mercure. Les analyses isotopiques plaident en faveur d’un argent naturel et non alchimique (les deux isotopes stables de l’argent sont répartis de manière normale).

Médailles de Nuremberg :
un tout autre langage que celui de la science
 


L’examen des gravures nous éloigne de la science pour nous plonger en plein obscurantisme magique : le carré de 9 fois 9 cases est issu du célèbre traité « De occulta philosophia » (1531 avec les carrés magiques) du mage Cornelius Agrippa. Aucun doute à ce sujet : c’est le même carré parmi un nombre gigantesque de possibilités.

Au sommet se trouve la Lune, que les mages associent au carré de 9x9 et à l’argent (métal). 369 est la constante du carré magique (chaque ligne, colonne ou diagonale a pour somme 369).

En bas, on lit 3321, un nombre triangulaire somme des 9x9=81 premiers nombres.

Enfin, 69 évoque le signe du Cancer, lunaire selon les astrologues, représenté au recto de la médaille. A l’évidence, cet objet nous parle un tout autre langage que celui de la science.


Pour en savoir plus :

Commander le livre de Jean-Paul Bibérian

http://www.jeanpaulbiberian.net/

www.fusion-froide.com

www.fusion-froide.fr

www.iscmns.org

(1) Voir http://www.iscmns.org/CMNS/publications.htm
 

Alchimie et Fusion Froide : première partie

Troisième partie : la fission froide

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